Originaire des Ardennes, il s'engage le 13 décembre 1898, à l'âge de dix-huit ans, au 79° Régiment d'Infanterie de Ligne ; régiment stationné à Nancy. Affecté au 2° Bataillon, 8° Compagnie, il gravit rapidement les échelons de la hiérarchie militaire. Nommé Caporal en septembre 1899, il est promu Sergent le 22 septembre 1900 et muté à la 7° Cie.
En 1905, après avoir fait la connaissance de Marie Henriette HUMBLOT, il demande et obtient sa mutation au 17° Bataillon de Chasseurs à pied alors en garnison à Rambervillers (88), ils se marient en 1906 au mois septembre. Promu le 03 novembre de la même année Sergent-major il est affecté à la 5° Cie .
Il accède au grade d'adjudant le 15 janvier 1911 ; et leur foyer s'agrandit le 21 janvier 1912 par la naissance de Germaine Marie. On le voit sur cette photo qui date de juin 1913 avec ses beaux-parents : Eugène HUMBLOT et Marie CHRETIEN qui habitent maintenant Neuville-les-Vaucouleurs. Ils viennent d'y enterrer leurs fille ainée : Marie Hortense décédée en mars.
L'année 1914 s'annonce sous les meilleurs auspices : il est nommé Sous-lieutenant le 23 janvier
1914 au 29° Bataillon de Chasseurs à Pied en garnison à Saint-Mihiel (55).
Malheureusement, ce même 23 janvier décède sa belle-mère, suivit 11 jours plus tard par son beau-père.
La frontière avec l'Allemagne n'est pas très loin et les bruits de bottes s'amplifient. C'est comme chef de section à la
5°Compagnie (Cne Jaubert) du 29° BCP qu'il rentre en guerre. Il se porte avec son Bataillon à proximité de la frontière dans les environs de
Thiaucourt où ils resteront une quinzaine de jours. Remontant un peut vers le Nord-Ouest il vont ensuite entamer une retraite vers le Sud
en jalonnant l'ennemi.
Nous sommes début septembre, la Bataille de la Marne s'engage. Dans cette partie du front il faut stopper
l'avance ennemi dont le but est (déjà) d'encercler Verdun. La mâchoir de droite a un axe de progression Est-Ouest vers Saint-Mihiel, la mâchoire de gauche
un axe Nord Sud vers la vallée de l'Aire et Bar-le-Duc. Le coup d'arrêt à la progression allemande se fera sur un vaste plateau
coupé par une ligne locale de chemin de fer "le meusien". Le 29°BCP prend place à proximité de la ferme de la Vaux Marie autour de lui
les 25° et 26° BCP ainsi que le 106° RI (celui de Maurice Genevoix) le tout appuyé par le 25° régiment d'artillerie de campagne.
Les troupes sont en place à partir du 07 septembre au soir, les 2° et 5° compagnie en position le long de la voie ferrée. En face d'eux les troupes
du Kronprinz. Dans la nuit du 9 au 10, cinq régiments du XIII° corps wurtembergeois en colonnes d'assaut engagent les unités françaises vers une heure du matin.
De furieux combats aux corps à corps s'engagent, ils dureront toute la nuit. L'ennemi sera finalement arrêté grâce en particulier à l'intervention massive de notre artillerie
de campagne. Nos unités d'infanterie vont payer un très lourd tribu à cette bataille le 29°BCP y perd la moitié de ses effectifs, les 2° et 5° Cie sont anéanties
les capitaines Roussel et Jaubert tués ainsi que la plus-part des chefs de section.
" Le 29e B.C.P. avait magnifiquement défendu son terrain, ce terrain que l'on a appelé par la suite le cimetière du 29e.
Le soir du 10, au signal de Belrain , le lieutenant Itier commandant provisoire les glorieux restes du 29e , parvint à rassembler
650 hommes et 4 officiers, seuls survivants valides des 1.400 hommes qui avaient combattu trois jours sur la ligne Rembercourt-Vaux-Marie."
Dés les premiers jours de guerre, les parents de Constant Amédée (François LECLERS et Marie Thérèse CORNET),
qui habitent les Ardennes fuient devant l'avance Allemande et se trouvent à Saint-Mihiel
avec sa femme et sa fille. La pression de l'ennemi est trop forte, la ville menacée, ils décident de partir vers
Neuville-les-Vaucouleurs où résidaient les parents d'Henriette . Après la guerre, ils resteront tous dans la région et y terminerons leur vie.
Constant Amédée Leclers est fait chevalier de la Légion d'Honneur (J.O. du 9 janvier 1920), Déclaré "Mort pour la France" la citation en date du 17 mars 1920 est ainsi rédigée :
Lieutenant, Officier très brave, a été tué à la tête de sa section le 10 septembre 1914, aux combats de la vaux marie, croix de guerre avec palme
En 1921, son corps sera identifié grâce à son alliance et à sa plaque d'identité. Après une cérémonie rassemblant l'ensemble de la population,
il sera inhumé le 29 juillet au cimetière de Neuville-les-Vaucouleurs, dans la tombe où repose ses beaux-parents et sa belle-soeure. le Nom de Constant LECLERS sera rajouté
au monument aux morts de cette commune.
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