1991
Kurdistan Irakien

Opération Libage / Provide comfort



insigne

La guerre du golfe vient de se terminer, les factions kurdes profitant de l'affaiblissement du régime irakien entame un soulèvement visant à l'indépendance du Kurdistan. Certaines unités irakiennes, peut touchées par le conflit, réagissent et montent vers le Nord. La population civile craignant des exactions fuit massivement , et se retrouve dans les montagnes à la frontière turque et iranienne. Leur situation va rapidement se dégrader, nous sommes à la sortie de l'hiver, la région est inhospitalière, les sommets culminent à plus de 3000 mètres. Les nations unis donnent mandat aux pays occidentaux pour une intervention humanitaire, la France s'engage sous commandement américain : c'est l'opération "Provide Comfort". Le Service de santé mettra des moyens importants puisqu'au final un chefferie médicale au PC de l'opération en Turquie, un premier relais humanitaire comportant une antenne médicale et deux postes de secours, un deuxième relais humanitaire avec trois postes de secours et une antenne chirurgicale et enfin un Hôpital Militaire de Campagne.
Comme d'habitude la mise en route et le départ furent folkloriques. L'affaire du Kurdistan durait déjà depuis quelques semaines. Néanmoins je fus mis en route dans l'extrême précipitation pour ensuite rester dans l'expectative avant d'atteindre finalement le sol irakien 15 jours plus tard. J'étais à l'époque en poste à Phalsbourg (57), prévenu le jeudi soir d'un possible départ en mission, la confirmation vint le samedi et le lundi matin je prenais le train avec une partie de mon paquetage pour...Nantes. Regroupement et formation à Nantes du groupement humanitaire perception des véhicules et matériels et...attente (tergiversations politiques).

Finalement départ de Nantes par la route vers...Canjuers (83) via Anger. Camping sur le camp de Canjuers puis départ pour Toulon pour embarquer sur un ferry, destination la Turquie (voilà déjà une semaine que j'ai quitté le 1° RHC). la traversée dura 5 jours pendant lesquels je pu faire cette photo du Stromboli. Anecdote : mon père a pris la même photo en partant pour l'Indochine 40 ans plus-tôt. Débarquement à Iskenderun (Alexandrette) en Turquie et départ dans la foulée pour Silopi (1000 km), à la frontière de l'Irak. Nous avons franchi la frontière le lendemain pour nous déployer sur nos différentes positions.

Les trois postes de secours du deuxième relais humanitaire encore groupés après le passage de la frontière turco/irakienne.

Pour ma part j'étais affecté comme infirmier-major d'un poste de secours à l'Est du dispositif, nous avons durant toute la mission, recueillis les réfugiés kurdes qui venaient à notre rencontre, principalement depuis les frontières de l'Iran.

Compte tenu des difficultés du terrain et des distances à parcourir, le voyage se faisait en taxi, camion ou tracteur que seuls les réfugiés fortunés pouvaient se payer.

Bien que les routes soient carrossables, l'emploi de l'hélicoptère nous permis d'engager, en nous livrant dans de bonne condition de conservation, une campagne de vaccination des jeunes enfants contre la rougeole , et ce grâce à l'appui d'une cellule spécialisée "épidémiologie/prophylaxie".




Cette mission fut professionnellement décevante, trop tardive dans sa mise en oeuvre, trop courte, avec un sentiment d'inachevé. Le voyage de retour fut plus rapide, nous avons effectué le voyage Irak Turquie en transal et le voyage Turquie France à bord d'un hercule C130 Belge. je garde aussi en mémoire l'accueil que nous a réservé la Turquie, pourtant pays de l'OTAN. Contrôles tatillons à l'arrivée plusieurs heures à attendre le bon vouloir des autorités locales, 1000km en 24 heures sans dormir et une escorte dont on se sentait prisonnier, qui n'a pas su empêcher le caillassage de nos ambulances par la populace.


Copyright Phileque 2005